Happy New year!

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A très vite pour de nouveaux projets…

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The Transat 2016 – « Le Film »

Je sais que vous n’êtes pas en reste d’images du large par les temps qui court, j’ai moi même saluer le départ de ces 29 marins avec beaucoup d’émotions le week-end dernier, mais si vous avez encore quelques minutes nous avons enfin trouver le temps de trier les 7 heures de rush pour vous concocter quelque chose de bien, en guise de point finale à ma saison 2016, un beau souvenir de ma Transat anglaise, ma première…

L’idée était bien sûr de vous faire vivre cette expérience au plus près dans un temps relativement court, car oui 15 minutes c’est long mais tout est relatif, pour raconter une transat en solitaire de 19 jours… Alors voilà les images ne disent pas tout et il a déjà fallu effectuer un tri draconien pour en arriver là, la caméra aplati la mer qui a été quelque fois très grosse, nous avons mis le temps …mais au fond qu’importe, l’essentiel reste bien de partager ces instants rares avec vous…

Encore un immense merci pour le montage et les images et plus généralement à tous ceux qui m’ont permis de courir la Transat anglaise, l’Ostar!

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Avarie en mer celtique…

La saison Class40 2016 se termine donc pour moi sur un abandon à la Normandy Channel Race. Je vous avoue qu’après deux belles transats en course je n’étais pas forcément bien préparer à cette éventualité, mais il paraît qu’il en est ainsi, que c’est la loi d’un sport qui reste mécanique, par définition quelque fois ça casse! Mis à part le mail que nous avons envoyer à la direction de course, je n’ai pas eu l’occasion de revenir sur les circonstances précises de notre avarie…

Il est environ 22 heures lorsque Cédric m’interpelle en me montrant le palier de safran tribord (au vent), nous naviguons maintenant tribord amure au près dans 24 nœuds de vent moyen (force 6), sous grand-voile 2 ris et trinquette, le bateau se comporte bien, nous sommes encore assez rapide. Je constate que trois vis sur six sont sorties d’environ 30 à 40 mm et ont « déclipsé » la pièce en plastique qui étanchéifie l’ensemble. Je comprends tout de suite que quelque chose cloche sérieusement, en vérifiant que le safran n’est pas descendu je m’aperçois que le palier bouge sérieusement.

Je descend alors voir par en dessous en me faufilant dans le tunnel qui sert aussi d’issue de secours, je constate alors relativement effaré que les vis ne traversent pas le pont, elles sont simplement vissées dans la mousse PVC du pont, ne voulant pas y croire je pense un court moment qu’elles sont vissées dans la pièce d’aluminium qui ferme le palier par en dessous et qui doit être taraudée à cet effet mais non les diamètres ne collent pas!

Je réussit à percer trois trous correctement car oui j’ai une perceuse à bord! Malheureusement je n’ai que deux vis assez longue, je cherche désespérément ce que je pourrais démonter pour en avoir d’autres et après plusieurs essais infructueux (banette, bloqueur…) je finis par accepter que nous n’avons pas d’autres vis de 6 suffisamment longue. Les deux que nous réussissons à serrer correctement sécurisent en partie le bateau puisque tant qu’elles ne cassent pas le palier ne peut plus sortir de son logement, mais il bouge toujours autant, retenu par le composite  qui commence à montrer des signes de faiblesse, je vois clairement la mèche de safran osciller dangereusement d’un coté, de l’autre, blang, blang….blang blang…

Après un rapide coup de fil à Olivier, l’architecte du bateau, nous comprenons qu’il n’ai pas raisonnable de continuer à naviguer ainsi au vu des prévisions sur les 24 prochaines heures…la mort dans l’âme nous abattons quasi plein vent arrière… Avec maintenant un peu de recul, je suis convaincu que nous avons pris la bonne décision, bien sûr on ne saura jamais vraiment si cela aurait empirer et jusqu’où, mais le risque c’est tout de même d’endommager le palier du bas et le tube de jaumière qui traverse la coque, dans ce cas c’est la voie d’eau assurée. Au vue des trois heures qui se sont écoulées entre la découverte du problème et la prise de décision, au vue du vent et de la mer que les bateaux proches de nous ont affronté pour monter à Tuskar rock, au vue des bords de reaching endiablés qui nous attendaient sur la suite du parcours, non il n’y a aucun doute, nous avons pris une sage décision.

Deux heure du matin, nous naviguons au portant toujours tribord amure, nous avons jusqu’à 38 nœuds de vent. Au matin alors que ça mollit un peu et que la mer s’assagit le palier ne bouge quasiment plus, les deux vis jouent enfin leurs rôles, nous pouvons ramener le bateau en sécurité à La Rochelle puisque nous rencontrerons essentiellement des vents faibles sur le trajet, la prévision commence a être plus claire, la dépression orageuse qui s’est creusée sur le golfe de Gascogne va maintenant se combler rapidement.

Vendredi matin, quelques heures avant d’arriver sur La Rochelle, nous naviguons sous grand spi dans 15 à 18 nœuds de vent, ça monte gentiment, le sud d’un front froid va passer dans quelques heures et le beau temps revenir avec le ciel de traîne puis la dorsale, les dauphins nous accompagnent volontiers, ils jouent sous le bateau, s’en vont un moment puis reviennent, bientôt ce sera la terre ferme et la fin d’une saison durant laquelle j’aurai parcouru environ 10 000 miles sur l’Océan Atlantique.

Techniquement parlant je n’aurai sans doute rien vu même si nous avions disposer de plus de temps avant la course, je suis très étonné que cela est tenu jusqu’à maintenant, il s’agissait pour moi d’un dossier classé sur lequel on ne revient que lorsqu’il y a un problème. Je regrette finalement de ne pas avoir effectué ce montage moi même, c’est dommage d’abandonner sur ce type d’avarie, ce n’est pas comme si une pièce avait cassé. Notre début de course nous a montré par bien d’autres aspects que nous manquions cruellement de temps de préparation. En effet j’ai repris le projet au début du mois d’ aout après quelques jours de repos suite à la Transat – Québec Saint-Malo, le bateau était démâté et encore hiverné. Je l’ai préparé en grande partie seul pour être au départ à Caen et suis donc arrivé au départ trop fatigué, c’est alors plus difficile de rentrer correctement dans la course, d’être à 100% à l’écoute du bateau et des éléments dès le début. D’un autre coté je n’ai que très peu d’expérience en double et j’ai pu voir que ce n’est pas un exercice évident, comme tout, cela demande un peu de préparation.

A l’heure ou j’écris ces lignes la pilule est passée mais je me souviendrai de cette nuit là pour bien longtemps, une décision difficile à prendre et un instant vraiment dur à passer lorsqu’il faut effectuer le changement de cap qui matérialise la décision. Je regarde maintenant vers l’avant, il n’est pas question de rester sur cet échec et j’espère pouvoir avoir à nouveau une chance au mois de mai pour l’édition 2017 de la Normandy channel Race, et puis un peu plus loin derrière l’horizon il y a la route du rhum 2018 qui me fait terriblement rêver, je vais travailler dur dès cet hiver sur ce projet, il s’agit maintenant d’enfourcher le bon cheval!

retour-lrEncore BRAVO aux trois premiers Pablo et Fidel, Phil et Sam, Maxime et Hugo, à tous les autres coureurs de cette Normandy Channel Race 2016 et bien sûr aux organisateurs qui ont effectué un travail remarquable. Enfin un immense MERCI aux équipes de Cabinet Z et Grizzly Barber Shop et plus généralement à tous ceux qui m’ont suivi ou aidé pendant cette saison 2016 bien remplie!