News Sardinha Cup

Bonjour à tous,

Comme vous le savez sans doute déjà, la Sardinha cup n’a pas commencé au mieux pour nous puisque nous avons été contraints et forcés d’abandonner la première grande course ! En bon marins nous sommes rentrés pour garder notre mât debout. Voici un petit résumé de nos dernières aventures :

Cette première grande course s’annonçait relativement musclée et  nous avons été servis. Après un super départ, nous n’avons malgré tout pas réussi à nous placer exactement là ou nous l’avions imaginé mais nous avions une bonne vitesse ce qui nous a permis de réussir plusieurs recalage “intelligents”. A la première marque de parcours nous sommes seulement 1 petit mille derrière le premier après 11 heures de louvoyage et quelques grains assez violents dont le dernier particulièrement copieux (45 noeuds de vent, température glaciale et grêle battante). Dans la plupart des courses au large cela signifierait que nous sommes deuxième ou éventuellement troisième mais là il y a tellement de niveau, l’intensité est telle que nous étions plutôt 20/25ème d’une flotte encore très compacte.

S’en est suivi un bord de portant assez fou, notre spi de brise établi nous fonçons à environ 15 noeuds de moyenne (30km/h) dans la nuit noire, quelque accélération au dessus de 20 noeuds, les foils sifflent très fort et soulagent le bateau… on a vraiment l’impression de barrer un dériveur ! C’est top !  A l’attaque toute la nuit, nous ne lâchons rien, nous apprendrons plus tard que un ou deux gros bras ont navigué sous grand spi mais nous nous en sortons bien et effectuons une belle remontée puisque nous passons la marque sous le vent (BXA) en 18ème position après une manœuvre plutôt rock’n roll pour ramener notre spi à bord dans un nouveau grain à plus de 35 noeuds ! C’est chaud mais on réussi finalement à enrouler la marque proprement…

On repart au près bon plein pour un louvoyage d’environ 24h vers la jument des Glénans. Une grosse vingtaine de minute après la marque, je suis à l’intérieur en train de terminer le matossage, de réfléchir à la navigation et d’observer nos adversaires (sur l’ordinateur) lorsque j’entends Louis crier après un choc assez violent dans la mer, je n’ai pas compris ce qu’il a dit mais je sais déjà que c’est grave, je bondis à l’extérieur et constate : la barre de flèche supérieure babord pendouille et le mât ploie dangereusement ! Le temps d’échanger un regard et nous virons de bord en catastrophe. En tribord amure, le mât ne risque plus de tomber mais l’équilibre du gréement est rompu… nous restons à la cape le temps de nous concerter puis nous décidons d’abattre vent arrière pour affaler la grand voile, nous sécurisons ensuite le mât comme nous pouvons avec les drisses de spi et affalons enfin le solent (petit foc) pour faire route au moteur vers le port le plus proche, Royan. Commence alors une course contre la montre, l’objectif est maintenant d’être au départ de la deuxième grande course mardi dans les meilleures conditions possibles, à première vue ce n’est pas gagné !

Nous commençons par prévenir le directeur de course qui prévient Sylvain (le préparateur du bateau) puis nous finissons de ranger et de sécuriser au mieux le gréement pour limiter les chocs sur le mât. Nous sommes quand même bien sonnés et déçus, nous avions navigué propre et étions encore vraiment dans le match… si encore nous avions fait une erreur mais là nous n’y sommes pour rien ! C’est hyper frustrant !

En arrivant dans l’estuaire de la gironde nous ne pouvons rentrer dans le port de Royan (marée basse), nous faisons donc route à port Médoc ou nous sommes chaleureusement accueillis par Lalou Roucayrol et son équipe, nous repartons après un bon repas au chaud vers Royan ou Sylvain nous attend et a organiser le démâtage. Un représentant de Sparcraft nous rejoint rapidement sur place et nous pouvons commencer à faire l’inventaire des dégâts et imaginer les solutions… rapidement la décision est prise de changer le mât qui présente de sérieux signes de faiblesse… nous devons donc entièrement démonter celui-ci pour récupérer tout ce qui peut l’être. Nous repartirons le lendemain en convoyage au moteur vers Saint-Gilles ou sera livré un nouveau mât et ou Sylvain nous rejoindra avec l’ensemble du matériel.

Nous arrivons le vendredi au petit matin , le nouveau mât arrive comme prévu vers 10h et le remontage peut commencer. A 17h après une longue journée de travail pour bien préparer notre nouvel espar nous pouvons mâter et à 19h tout est en place… après avoir réglé les derniers détails samedi matin nous sommes prêts à repartir en course, opération réussie !

Entre temps, les autres sont arrivés à Saint-Gilles après une étape au multiples rebondissements et il s’avère que si 25 bateaux ont pu finir leurs courses normalement, de nombreux mâts sont endommagés structurellement et après une réunion de crise samedi midi avec tous les skippers, la direction de course et les organisateurs, un problème de conception sur les mâts de nos beaux Figaro 3 est avéré ! Le directeur de course, Francis Legoff, a posé son veto et aucun bateau ne repartira en course tant que la pièce défectueuse n’aura pas été remplacée sur tous les mâts par le constructeur, Sparcraft. A l’heure qu’il est nous attendons encore des réponses mais si tout va bien le départ d’une deuxième grande course devrait pouvoir être donné jeudi… à suivre…

Malgré tout je suis content du travail accompli et de ces premières confrontations sur mon nouveau support, le Figaro Bénéteau 3. Je le savais déjà mais cela se confirme, le niveau est extrêmement élevé et la saison va être riche, je vais apprendre énormément ! Vivement le prochain départ, vivement la prochaine course, j’ai hâte de pouvoir me frotter à nouveau à tous ces champions et de pouvoir enfin montrer que j’en suis, nous sommes avec Louis clairement restés sur notre faim alors pour la deuxième grande course, vous pouvez compter sur nous pour ne pas laisser notre part du gâteau !

Mille remerciements à tous ceux qui nous ont permis de réparer dans des temps record, Team Lalou Roucayrol, Sylvain Chanteloup Marine, Sparcraft, Port de Royan, Port de Saint-Gilles Croix de vie…

Pour ceux qui veulent aller plus loin et comprendre pourquoi nos barres de flèche ont cassé, voici l’article de Voiles et Voiliers paru hier soir: 

VOILES ET VOILIERS / Pourquoi l’étape 3 de la Sardinha Cup est reporté ?

 

 

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