Un rêve éveillé !

Bonjour à tous,

Quelques nouvelles du Class40 Ma Chance moi aussi et de son skipper ! Depuis le départ de la Normandy Channel Race sur le 61 puis le départ à Portland pour aller chercher le 107 je n’ai eu aucun répit… les périodes d’entrainement alternent avec les périodes de techniques. Maintenant le bateau commence à être bien prêt et je commence à le connaître sur le bout des doigts !
 

Petit retour en arrière, comme vous le savez déjà c’est après une première transat pour ramener le bateau et un gros chantier que je suis parti à la Trinité/mer mi-juillet pour la Dhream Cup. Chantier qui avait pour but de faire le bateau parfaitement propre et performant, à l’image de mes partenaires ! Peinture de pont, peinture des œuvres vives, déco aux couleurs du projet et bien sûr révision générale… bref nous avons fait en 15 jours un travail qui prend normalement au moins 2 mois… ce fût intense mais hyper intéressant sur le plan technique et sur le plan humain. Sylvain qui me secondait a été vraiment super… les amis et les inconnus ont été et sont encore au rendez-vous pour mille petits et gros coups de main, c’est vraiment touchant !

 

Bien sûr je suis donc arrivé à La Trinité « légèrement » fatigué et assez en retard et donc loin de pouvoir me concentrer sur le sportif et la météo mais avec la sensation d’un gros travail de fond accompli en vue de la Route du Rhum, même si ils restaient encore mille détails à régler sur le plan de pont et l’électronique. Comme les arbitres français n’avait pas encore vu le bateau cette année j’ai même eu le droit à un contrôle du matériel de sécurité en bonnes formes qui a pris une bonne partie de la journée du samedi… C’est donc en mode  « qualif » que j’ai pris le départ de cette course dans un vent très faible qui n’était pas pour me déplaire vu les circonstances… mais voilà on se prend au jeu, un départ pas terrible puis un premier bon coup à droite du plan d’eau en baie de Quiberon et je passe dans les 15 à La Teignouse, première marque de parcours… ensuite n’ayant pas beaucoup travaillé la météo je me fie surtout à mon sens marin qui me dit d’investir tôt dans l’ouest… le jeu c’est de traverser la dorsale (extension de l’anticyclone sans vent ) au plus vite pour toucher le vent de sud ouest en premier. On tire des bords dans le vent faible sous gennaker (un grand foc amûré sur le bout dehors) et c’est à la tombée de la nuit que je fait mon dernier virement avant de partir dans l’ouest… c’est parti pour un grand bord de près, je n’ai pas compté les changements de voile, je dirais une bonne dizaine en moins de 24heures, il s’agit d’alterner entre le solent (foc de route) et le gennaker quand il y a moins d’air… Au matin il n’y a plus d’air du tout, cela ne se voit pas trop au classement ou je pointe à la 10ème place mais je suis dans le match. Je suis surpris par la vitesse du bateau, je sort le plus souvent devant dans les phases de contact, c’est top, le bateau va très vite dans les petits airs, ca se confirme…

 

Le vent de sud-ouest commence à rentrer dans l’après midi, je hisse le grand spi vers 14h dans une chaleur étouffante ! Il faut être patient mais le vent va monter, on passera le Fastnet dans 25 noeuds bien tassé et la mer sera mauvaise, on le sait… il faudra donc aller vite et ne pas être trop gourmand, réduire ( changer de spi) au bon moment. A 22h il y a déjà 18/20 noeuds de vent, je dois empanner d’ici une heure ou deux pour suivre la rotation du vent…  je décide donc que je profiterai de la manoeuvre pour changer et mettre mon spi de brise.

 

23h30 le spi de brise est établi et nous sommes maintenant babord amûre, le bateau accélère jusqu’à 15/16nds, la lune brille entre les nuages qui se font de plus en plus nombreux, la pression (atmosphérique) baisse de manière sensible, ce sera bientôt le moment de prendre un ris dans la grand-voile mais en attendant il faut s’accorder une sieste… Vers 1h30 du matin, après une 2ème sieste, je suis à l’intérieur en train de « timer » le prochain empannage, le bateau ralenti anormalement… au début je pense que c’est le pilote qui a trop abattu et qui n’arrive pas à regonfler les voiles mais en sortant je constate les dégâts, mon spi de brise est coupé en deux morceaux, sans raison apparente, je rage. Après une bonne heure d’effort, tous les morceaux sont à bord, je repasse malgré moi en mode qualif , car sous Code 5 le VMG (compromis angle vent / vitesse) est nettement moins bon.

 

Le lendemain j’enroule le Fastnet au contact avec plusieurs bateaux dans une mer assez forte, on repart sur un près océanique dans 28 à 30 noeuds de vent et une mer assez forte, le bateau tape fort. J’ai un ris dans la grand-voile et la trinquette devant (foc de gros temps), le bateau encaisse parfaitement, son équilibre à la barre est impressionnant même dans cette mer ! Le vent va mollir progressivement à l’approche de Land’s end puis cela se termine en manche avec du vent faible et encore de nombreux changements de voile. Je me glisse in extremis dans le port de Cherbourg avant la renverse du courant au Raz-Blanchard. Je suis qualifié à la Route du Rhum et je connais beaucoup mieux mon bateau qu’avant le départ… nous commençons à bien nous apprivoiser et avoir confiance… C’est un super moment, dans quelque mois je serais au départ d’une des plus grandes courses à la voile, je prend pleinement conscience du rêve qui se réalise…

 

Voilà pour la Drheam cup et la qualification, un autre article sera posté dans le courant de la semaine pour vous raconter la suite de cet été magique avec mon bateau, le Class 40 N°107 ! En attendant restez connecté et n’hésitez pas à nous suivre sur la page Facebook « Robin Marais – skipper lyonnais » pour avoir des news plus régulières !

 

A très vite donc,
Robin

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